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21 Nov 2017

Huguenots-Picards

Histoire & généalogies protestantes

en Picardie, Cambrésis, Hainaut, Thiérache & Vermandois

ARCHINARD (Louis), général français, né au Havre (1850-1932)

première de couverture
quatrième de couverture
(cliquer sur les vignettes pour agrandir)
Le 17 février 2007 à Walincourt-Selvigny, Martine Cuttier nous présentait
son livre Portrait du colonialisme triomphant : Louis Archinard, 1850-1932.

Mme Cuttier a reçu pour ce livre le prix de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer

Après avoir enseigné dans plusieurs lycées français en Afrique francophone, Martine Cuttier a entrepris une thèse sur la conquête du Soudan français par le général Archinard. Spécialiste d’histoire politique et militaire française en Afrique, elle est chargée de recherches au Centre Morris Janowitz (Relations internationales, Forces armées et Sécurité) de l’Institut d’Études Politiques de Toulouse et au Groupe de Recherche en Histoire Immédiate de l’Université de Toulouse-Le Mirail (GRHI).

L’œuvre coloniale de la France est actuellement l’objet d’une relecture où la démarche distanciée de l’historien tente de se frayer un passage dans le tumulte des polémiques. Louis Archinard est l’un des conquérants d’empire à découvrir. Protestant, polytechnicien grâce à la «méritocratie» et républicain, il appartient à cette catégorie d’officiers patriotes qui ont activement participé à la politique coloniale de la Troisième République. Imposer le pouvoir de la France au-delà des mers impliquait inévitablement le recours à la force face à des populations peu convaincues des bienfaits de la «civilisation». Mais un homme comme le général Archinard a eu une conception beaucoup plus haute de sa mission. Bâtisseur, il a installé les principaux rouages de l’État colonial sur la Boucle du Niger, devenu le Soudan français. Ce général, chef de guerre et chef politique, a eu des idées novatrices en matière d’aménagement du territoire, intégrant le télégraphe, le chemin de fer et les pistes carrossables dans une approche à la fois stratégique et économique.

Martine Cuttier "PORTRAIT DU COLONIALISME TRIOMPHANT - Louis Archinard 1850-1932"
Éditions Lavauzelle. Ref ISBN 2 7025 1297 6


Un des principaux artisans de l'établissement de la France au Soudan.
(selon le Petit Larousse)

Une biographie signée de Myriam Provence, et publiée dans Généalogie-Magazine n°147, ici diffusée avec l'aimable autorisation de l'auteur
L'Ascendance de Louis Archinard reconstituée selon différentes sources,
Un cousinage avec quelques familles protestantes de Selvigny (Nord),
Un enfant du Havre : Bibliographie et Renseignements divers rassemblés par Monsieur Jacques Piednoel,
Quelques photos de la statue restée au Mali

Général Louis Archinard : Conquérant et pacificateur du Soudan

"Il y a deux noms qui, entre tous, dominent l’histoire de notre développement colonial, Archinard et Gallieni, et c’est d’eux que nous nous honorons d’être les disciples et les fidèles", Maréchal Lyautey, le 15 mars 1930.

Une étude de Mme Myriam Provence pour Gé-Magazine n°147, ici diffusée avec l'aimable autorisation de l'auteur.
La rédaction de Généalogie-Magazine remercie par avance tout lecteur qui pourrait compléter cette ascendance.

Louis Archinard, dont le nom n'est plus connu aujourd'hui que des "anciens" ou des historiens, a contribué à la conquête coloniale de la France en Afrique occidentale. Dès le XIVe siècle, des marins normands ont fondé les premiers comptoirs sur la côte du Sénégal. Aux XVIe et XVIIe siècles, les établissements français s'étendaient de la baie d'Arguin à la Gambie. De 1817 à 1837, l'action de la France se borne à des explorations : voyage de René Caillié (1) à Tombouctou. De 1837 à 1857, Bouet-Willaumez (2), Baudin (3), Fleuriot de Langle (4) jettent les bases des futures colonies de la Guinée, de la Côte d'Ivoire et du Dahomey. De 1854 à 1865, Faidherbe (5) fonde Dakar, pacifie le Cayor, repousse les Maures, et trace ainsi le programme de la pénétration française au Soudan. Son oeuvre est reprise par le colonel Brière de l'Isle (6) en 1876. De 1882 à 1886, le colonel Borgnis-Desbordes (7) fonde Bamako. En 1886, le colonel Gallieni (8) obtient la rive gauche du Niger. De 1888 à 1890, le colonel Archinard, en deux brillantes campagnes, conquiert l'empire d'Ahmadou (9) et occupe sa capitale, Ségou. Il conquiert ensuite la vallée du Niger de 1890 à 1894.

COLONEL LOUIS ARCHINARD

Louis Archinard est né au Havre où son père dirigeait les écoles protestantes de la ville. D'une famille de cinq enfants, il est sorti de Polytechnique le 10 mai 1870 comme sous-lieutenant au régiment d'artillerie de marine. Son dossier militaire le décrit "de taille moyenne, musclé, le visage ovale, aux traits fins, les cheveux et la moustache châtains, les yeux bruns derrière un binocle". Après un séjour en Cochinchine de 1876 à 1878, Louis Archinard est nommé capitaine, puis inspecteur des études à l'Ecole polytechnique. Borgnis-Desbordes lui demande alors de le rejoindre au Soudan où il y a fait quatre campagnes de 1880 à 1884 qui lui valurent la croix de la Légion d'honneur et le grade de chef d'escadron. Ses actions ont abouti à une organisation administrative qui a permis en 1892 d'ériger le Soudan en colonie autonome. Louis Archinard est promu général de brigade en avril 1896 et passe tout le reste de sa carrière en métropole, à l'exception d'un séjour colonial de deux ans à la tête de la brigade de Cochinchine. Général de division, puis commandant de la 32e division à Perpignan, il est appelé en 1911 au conseil supérieur de la guerre. Il est promu grand-croix de la Légion d'honneur en juillet 1914 et reçoit la médaille militaire le 10 juillet 1919.

LA VISITE DU PRÉSIDENT

Louis Archinard a pris sa retraite à Villiers-le-Bel. Le président Paul Doumer et son épouse sont venus lui rendre visite le 5 mai 1932. Paul Doumer fut assassiné le 6 par un émigré russe Gordulof alors qu'il s'était rendu à la "journée du Livre". Atteint de plusieurs balles de revolver, le président, transporté à l'hôpital Beaujon est mort dans la nuit. En apprenant la nouvelle, le général Louis Archinard s'est affaissé, tué par l'émotion. Deux monuments, oeuvres du sculpteur Edmée Augustin Jean Moreau-Vauthier (Paris 1831-1893), ont été élevés au général Archinard, le premier au Soudan, à Ségou, sur les bords du Niger, et le second, au Havre.

ORIGINES ET DÉPLACEMENTS

Les ancêtres de Louis Archinard sont protestants. L'état civil des protestants est très souvent dispersé, voire inexistant, surtout pendant la période de clandestinité. Certains registres ont même quitté la France. Par contre, des registres de réhabilitation de mariage regroupent les déclarations des mariages et naissances des protestants dans les années qui ont précédé la Révolution, après l'édit de Tolérance de 1787. La recherche est parsemée de difficultés. De cette étude succinte apparaissent deux berceaux : pour la branche paternelle, la Drôme, et pour la branche maternelle, le Nord ; deux départements où la présence protestante est confirmée par les sources des Archives départementales. C'est avec Louis Archinard (n°2 de l’arbre généalogique simplifié), instituteur, puis directeur des écoles protestantes du Havre qu'eut lieu le déplacement de la Drôme pour s'établir au Havre. Tous ses ancêtres étaient, semble-t-il, cultivateurs à Châtillon-en-Diois. La famille Cattelain est originaire du Nord. Jean Baptiste Cattelain (n°6), mulquinier en 1820, commerçant à Pont-Audemer (10) (Eure) en 1845, devient instituteur-évangéliste à La Chapelle-aux-Naux (11) (Indre-et-Loire) en 1854, année où il convole en secondes noces avec Françoise Toulmé. Cette dernière est née le 30 avril 1814 à Bréhémont (Indre-et-Loire) et est fille de Pierre et de Jeanne Gallé. Jean-Baptiste Cattelain avait épousé en premières noces Marie Hyacinthe Josèphe Duchatel, elle-même veuve d'Augustin Dubois. Son grand-père paternel, autre Jean Baptiste Cattelain (n°24), fabriquait du linon à Walincourt (Nord). Veuf de Marie Marguerite Potelle ou Potel (n°25), originaire de Villers-Outréaux (Nord), il s'est remarié avec Madeleine Taisne. Il fut arrêté le 25 novembre 1771 pour avoir permis qu'une assemblée de protestants ait lieu chez lui. Il était toujours en prison le 14 février 1772.

LES PROTESTANTS DANS LA DRÔME

La Réforme a occupé une place importante pendant deux siècles dans l'histoire de la Drôme. La paroisse de Die fut une des premières paroisses créées en 1560. Les Guerres de Religion ont déchiré le département, et les huguenots se sont rendus maîtres d'une grande partie du Diois. Die fut le théâtre d'un synode en 1561 qui régla le vie matérielle des paroisses. Dés 1598, la liberté de culte fut obtenue, entre autres, à Die ; une Académie protestante y fut même fondée en 1604. La révocation de l'édit de Nantes en 1685 a provoqué l'émigration et l'abjuration. La communauté protestante était fortement implantée dans les montagnes du Diois à la fin de l'Ancien Régime. Les Archives départementales de la Drôme renferment, entre autres, des registres de baptêmes, mariages et sépultures pour Châtillon-en-Diois et ses environs, et aussi un grand nombre de registres du Désert (période entre la révocation de l'édit de Nantes en 1685 et l'édit de Tolérance en 1787).<

LES PROTESTANTS DANS LE NORD

Les réformés de là région de Lille franchissaient la frontière et se rendaient à Tournai. Tournai attirait les protestants des villages français de la frontière, et particulièrement ceux de Walincourt. Ainsi en 1749, comme en 1768, on relève la présence de nombreux réformés français aux prêches de Tournai et l'enregistrement de leur mariage au temple. Le 21 décembre 1778 est rédigée une requête des habitants protestants de Walincourt, entre autres lieux, contre les curés qui s'arrogeaient le droit de modifier les actes. En cette même année 1778, un recensement de la population de Walincourt donne les individus de plus de douze ans et les enfants de moins de douze ans. De plus, il existe des mentions des baptêmes et des inhumations des protestants de Walincourt jusqu'en 1792.

Myriam Provence - Généalogie-Magazine n° 147


Notes

René Caillié, explorateur français (Mauzé 1799 - La Baderre 1838)
Louis Edouard, comte Bouet-Willaumez, amiral français (Brest 1808 - Maisons-Laffitte 1871)
Charles Baudin, amiral français (Sedan 1784 - Ischia. Italie 1854)
Alphonse Jean René Fleuriot de Langle, marin français (Pradalan, Finistère 1809 - Paris 1881)
Louis Léon César Faidherbe, général français (Lille 1818 - Paris 1889)
Louis Alexandre Brière de L'Isle, général français (St-Michel-du-François, Martinique 1827 - St-Leu-Taverny 1896)
Gustave Borgnis-Desbordes, général, né à Provins le 22 octobre 1839, entré à Polytechnique le 18 octobre 1859. Du 16 février 1868 au 1er mars 1871, il a fait campagne en Cochinchine. Il est mort à Hanoï le 18 juillet 1900
Joseph Gallieni, maréchal de France (St-Béat, Haute-Garonne 1849 - Versailles 1916)
Amadou ou Ahmadou Tall (1833 - Sokoto 1898), souverain toucouleur, fils et héritier du conquérant El-Hadj Omar, régent de Ségou en 1862, qui lui succède à sa mort en 1864
Des communautés protestantes regroupées en églises peuvent être relevées aux XVIe et XVIIe siècles à Pont-Audemer
Relevés alphabétiques décennaux protestants des baptêmes, mariages et sépultures de 1838 à 1905 à la Chapelle-aux-Naux (Cercle généalogique de Touraine)


Bibliographie

"Archinard et le Soudan" du général E. Réquin aux Éditions Berger-Levrault 1946.
"L'empire colonial de la France - Formation - Résultats - Destinées" par Victor Beauregard - Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales 1924
"Histoire des protestants à Lyon des origines à nos jours" de Roland Gennerat - Au Jet d'Ancre 1994
"Les familles protestantes en France . XVlè siècle - 1792" Archives nationales 1987
Dictionnaires biographiques.
"Portrait du Colonialisme Triomphant - Louis Archinard 1850 - 1932" de Martine Cuttier - Éditions Lavauzelle 2006


        Ascendance de Louis Archinard Ascendance de Louis Archinard NB : cliquer sur les vignettes, pour développer les graphes dans leur totalité. Utiliser la fonction retour de votre navigateur pour revenir à cette page
Liens de parenté, avec quelques membres de notre groupe de "Huguenots Picards" Lien de Parenté autour de Louis Archinard

ARCHINARD Louis - dossier d'articles de presse

(Renseignements collectés par Jacques PIEDNOEL du Groupement Généalogiste du Havre Seine-Maritime, aux Archives municipales du Havre)

Malon Claude : Deux Havrais en Afrique, Louis Archinard et Gilbert Vieillard
Extrait des cahiers havrais de recherche historique n° 58, 1999-2000 pp 135 à 156
Général Louis Archinard ° 11/2/1850 + Villiers le Bel (près de Paris) à 82 ans le 8/5/1932 - Conquérant et pacificateur du Soudan voir Gé-magazine n° 147 de mars 1996
Origine du nom : Nom de personne d'origine germanique comprenant les racines ERCAN (naturel, indigène) latinisée en Arcan et Hard (dur et fort). Un hameau nommé Archinard est situé dans la vallée d'Orcières (Hautes Alpes)
Inauguration du monument élevé au Havre à sa mémoire par le maréchal Pétain le 8 juillet 1934 (photo)
La statue a été fondue quelques années plus tard (elle était en bronze) par l'occupant allemend. Une réplique du monument existe au Mali où elle est reléguée dans un entrepôt.
Le général est enterré dans le caveau familial au Havre, cimetière Ste Marie avec son ordonnance Kamara Naba travailleur sénégalais.
La Ville du Havre possède les éléments d'une très belle série ethnographique rapportée d'Afrique par le général Archinard
Louis Archinard et Sophie Cattelain X le 19 avril 1845 au Havre ont eu 6 enfants :
        Louis ° 8/12/1845 et + 2/11/1849
        Frédéric ° 14/4/1847
        Hélène ° 18/8/1848 X le 6/8/1879 avec DENNY Georges au Havre
        Louis (le général) ° 11/2/1850 + 8/5/1932 X le 4/5/1905 à Villiers le Bel avec RUE Marie Mathilde
        Paul ° 2/1/1852
        Berthe ° 30/3/1853 X 20/2/1873 avec REGUIN Louis au Havre
Le père meurt le 27/7/1877 au Havre. Le décès de Sophie Cattelain reste à retrouver


Louis ARCHINARD - Album photos

la statue déposée     la statue chez le sculpteur     la statue sur son pied d'estale     la statue déposée     Louis Archinard dans le Larousse

Photos : Francis CHRISTIAN, Martine CUTTIER, Sébastien PHILIPPE

à l'école Polytechnique (1868-1869)     Lieutenant Colonel Archinard     au service de santé (au centre de la photo)     le général à cheval
NB : si vous disposez d'autres éléments, d'autres clichés, merci de bien vouloir nous Contacter

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