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21 Nov 2017

Huguenots-Picards

Histoire & généalogies protestantes

en Picardie, Cambrésis, Hainaut, Thiérache & Vermandois

Jean Cauvin, alias "CALVIN" : des racines Cambrésiennes

Cambrai ... "Calvin, d'ailleurs, y était né vraisemblablement ; sa mère, Jeanne Lefranc, lui avait sans doute donné le jour à l’auberge des XVII Provinces, tenue par ses parents. Le Cambrésis était le voisin le plus immédiat de la Picardie, cette gouvernance de Condé, le cher cousin protestant du Roi de France, dont les artisans, les négociants, gagnés à la doctrine de leur compatriote Calvin, tâchaient déjà d'insinuer leur nouvelle foi religieuse auprès de leurs clients ou de leurs fournisseurs cambrésiens." .../...
(extrait d'une étude datée de 1935, par Cyrille Thelliez, Archiviste diocésain, de l'Archevêché de Cambrai)

Calvin, de son vrai nom Jean Cauvin

(né à Noyon, Picardie, en 1509 - mort à Genéve en 1564). Son père était procureur du chapitre et secrétaire de l'évêché de Noyon. Tonsuré très jeune, afin de recevoir un modeste bénéfice ecclésiastique (1521), il étudie à Paris, aux collèges de la Marche (1523) et de Montaigu (1524-1527), à Orléans (1528), puis à Bourges, où il est sans doute gagné aux idées réformistes par son professeur de grec Melchior Wolmar, humaniste aux tendances luthériennes. Après la mort de son père, excommunié, et la conversion de son frère Charles au luthéranisme, il s'installe à Paris, où il fréquente les humanistes Guillaume Budé, Nicolas Cop. Il publie en 1532 un Commentaire du "De clementia" de Sénèque et rédige le discours de Nicolas Cop (nov. 1533), manifeste des idées nouvelles, qui marque son adhésion définitive à la Réforme. Après un voyage missionnaire en Saintonge et dans l'Angoumois, durant lequel il rencontre Lefèvre d'Etaples à Nérac chez Marguerite d'Angoulême (avr. 1534), il doit quitter Paris à la suite de l'Affaire des placards (sept. 1534) et se réfugie à Bâle. Dès 1536, il y publie l'Institution de la religion chrétienne, à laquelle il travaillait depuis 1533, et où il révèle sa doctrine; il y expose sa théorie originale de la justification par la grâce et non par les oeuvres, entraînant la prédestination de quelques élus. Il rejette les sacrements, sauf le baptême et la communion, qui ne gardent que la valeur de symboles auxquels seule la foi peut donner de l'efficacité. Cependant, l'institution d'une Eglise prêchant la parole de Dieu, et d'un Etat qui impose l'ordre lui paraît indispensable. Appelé à Genève Par G. Farel à l'automne de 1536, Calvin tente d'y appliquer ses principes, mais un premier séjour (1536-1538) se solde par un échec. Il se rend ensuite à Strasbourg, où il dirige l'Eglise des réfugiés de France, et y épouse Idelette de Bure. Rappelé à Genève en 1541, il reprend l'oeuvre interrompue en 1538. Par les ordonnances ecclésiastiques (20 nov. 1541), il organise une nouvelle Eglise, constituée par des pasteurs élus par le peuple et secondés par des docteurs chargés de l'enseignement doctrinal, par le consistoire (6 ministres et 12 laïcs) et par des diacres. L'enseignement est développé par la multiplication des écoles élémentaires et par le développement du collège de Genève, devenu l'un des centres universitaires les plus renommés d'Europe. Enfin, la prédication - Calvin prononcera en moyenne 286 discours par an - assure la réforme profonde de la ville. Mais l'action de Calvin se heurte à toutes sortes d'opposants (bourgeois hostiles à l'autoritarisme, catholiques, anabaptistes, libertins, etc.), qu'il doit réduire par la force (exil de Castellion, directeur du collège de Genève; exécution de Jacques Gruet et de Michel Servet). Toute résistance brisée, son autorité sur Genève s'exerce sans limite, et il peut alors consacrer ses dernières années à préciser sa pensée doctrinale (parution du texte latin définitif de l'Institution chrétienne en 1559). Genève devient Ie centre de diffusion principal du protestantisme à travers l'Europe (création de l'Académie Protestante de Genève, dont le premier recteur fut Théodore de Bèze).

(infos tirées du Larousse encyclopédique en couleurs, édition 1977)


Calvin, Jean (1509-1564)

Théologien, réformateur, humaniste et pasteur français, que les protestants considèrent comme un des théoriciens majeurs de leur religion. Né Jean Cauvin à Noyon, en Picardie, il reçut une instruction classique à Paris aux collèges de la Marche et de Montaigu. Encouragé par son père à faire des études de droit, il suivit les cours des universités d'Orléans et de Bourges. Sous l'influence de son professeur de grec, un réformé du Wurtemberg, il découvrit avec intérêt les mouvements humanistes et réformateurs, et entreprit l'étude de la Bible en grec. À la mort de son père, en 1531, il abandonna le droit pour l'étude des lettres. Dès l'année suivante, il publia un commentaire du De clementia de Sénèque, dont l'insuccès l'amena à se tourner vers la théologie.
En 1533, il rédigea, pour le recteur de l'université de Paris Nicolas Cop, un discours favorable aux idées de la Réforme qui leur valut une condamnation du parlement et les obligea tous deux à fuir Paris. Suite à l'affaire des "placards!" (des affiches en faveur de la Réforme avaient été placardées jusque sur la porte de la chambre du roi), François Ier déclencha les premières persécutions contre les protestants. Afin de prendre leur défense, Calvin rédigea, d'abord en latin, sa Christianae Religionis institutio (Institution de la religion chrétienne, 1536), ouvrage fondamental qu'il ne cessa de remanier et d'augmenter toute sa vie et qu'il traduisit lui-même en français en 1541.Peu après la publication de cet ouvrage, à l'occasion de son passage à Genève, Calvin se laissa convaincre par le réformateur Guillaume Farel de demeurer dans la cité suisse pour contribuer à y répandre la Réforme. Mais deux ans plus tard, des querelles entre les protestants genevois obligèrent Calvin, Farel et un troisième pasteur à quitter la ville. Calvin s'installa alors à Strasbourg, où il eut la charge de la communauté protestante française ayant fui les persécutions du royaume (1538-1541). Il y poursuivit son œuvre théologique et y publia les premiers de ses commentaires sur la Bible. À Strasbourg, il rencontra et épousa une veuve, Idelette de Bure, dont il eut un enfant, mort en bas âge. Sa femme mourut à son tour en 1549. En 1541, Farel et les Genevois le convainquirent de revenir dans la ville pour y diriger la réforme de l'Église et de la cité. Son premier travail fut de rédiger les Ordonnances, qui furent adoptées comme constitution par le conseil de la ville et qui fixèrent durablement le cadre de l'organisation des Églises presbytériennes. Il s'attacha aussi à développer l'enseignement : le couronnement de son action fut la fonction de l'Académie de Genève, université internationale de formation des pasteurs dont le premier recteur fut Théodore de Bèze. Cependant, les réformes de Calvin se heurtèrent, à Genève même, à l'hostilité de quelques grandes familles que son rigorisme rebutait, dont celle d'Ami Perrin, ambassadeur de la ville auprès du roi de France. Calvin dut également assumer plusieurs affrontements théologiques et politiques contre diverses tendances du protestantisme. Le plus dramatique de ces conflits l'opposa à l'humaniste Michel Servet, lequel fut finalement condamné au bûcher par le conseil de Genève en 1553. À cette époque, la ville vivait presque constamment sous la menace des troupes catholiques du duc de Savoie.
Durant les dernières années de sa vie, Calvin, finalement devenu citoyen de Genève quatre ans avant sa mort, se consacra à l'étude et à l'enseignement. Il encouragea l'usage du français dans les églises et fut à l'origine de diverses réformes sociales (hôpitaux, diaconat des pauvres).
D'une santé fragile, encore aggravée par les conditions de vie qu'il avait connues durant ses études à Paris, il fut considérablement affaibli par une attaque cardiaque en 1558. Il mourut à Genève et fut enterré avec une extrême simplicité : aucun signe ne marqua l'emplacement de sa sépulture, qui nous est demeuré inconnu.

Pour Calvin, l'Écriture sainte, et elle seule, doit fixer la nature de la théologie et de toute institution humaine. Par conséquent, toutes ses affirmations sur la doctrine étaient fondées sur les Écritures, même s'il lui arriva souvent de citer les Pères de l'Église et les grands théologiens du Moyen Âge. Il souhaitait éviter les discussions spéculatives sur la nature du divin et mettait au contraire l'accent sur la parole de Dieu révélée dans la Bible. Il adjura enfin l'Église de son temps de retrouver la vitalité et la pureté de ses origines.
Dans l'Institution chrétienne, son ouvrage majeur, il chercha à réorganiser la théologie biblique sous une forme compréhensible et selon l'ordre du Credo des apôtres. Les quatre livres de l'édition définitive (1559) sont organisés autour des articles intitulés "Père", "Fils", "Esprit saint" et "Église".
La connaissance de Dieu est liée à la connaissance de soi-même. L'aspiration au spirituel est manifeste dans la conscience humaine et dans le monde. Dieu a créé le monde et l'a créé bon. Mais depuis la chute, l'humanité n'est parvenue à la conscience de Dieu qu'en de rares occasions et de façon incomplète. Livrés à eux-mêmes, les hommes ne peuvent jamais atteindre à une existence vraiment religieuse, c'est-à-dire fondée sur la connaissance de Dieu. Cependant, par la grâce de Dieu, transmise par Jésus-Christ, ainsi que le rapportent les Évangiles, une claire perception de la révélation a été donnée à l'humanité. Tous ceux qui parviennent à la compréhension de la véritable nature de l'homme — à savoir que les meilleures actions sont entachées d'imperfections et qu'aucune action n'est pure — peuvent se repentir et espérer en Dieu le Père pour leur salut.
Le péché originel, hérité d'Adam et Eve, a établi en chacun une "fabrique d'idoles". Tous les hommes méritent la damnation, mais Jésus-Christ est venu comme prophète, prêtre et roi pour appeler les élus à la vie éternelle avec Dieu. Le Christ intercède pour les élus et les appelle à une nouvelle vie dans l'expiation; il règne à la droite de Dieu. Calvin souligna avec insistance la continuité de ses doctrines avec l'orthodoxie chrétienne des premiers siècles, telle qu'elle s'exprima dans les conciles de Nicée et de Chalcédoine.
L'Esprit-Saint, troisième personne de la Trinité, accorde le don d'écrire et de lire les Écritures, assiste les croyants dans leur dévotion et permet la croissance de la foi dans le Christ (sanctification). Il accorde la foi en la résurrection des morts qui amènera ceux qui ont été sauvés à la perfection de l'existence en la présence de Dieu. L'Esprit-Saint offre la réponse au mystère de la prédestination : toute assurance d'être choisi par la grâce est accordée par lui et, de même, la damnation selon la justice de Dieu est liée à la puissance de l'Esprit-Saint.
L'Église de Dieu et les sacrements sont aussi des dons de la grâce de Dieu, en vue de l'édification des élus et pour le bien de ce monde. L'Église est chargée de prêcher, de rester à l'écoute de la parole de Dieu et d'administrer correctement les sacrements. Bien que l'Église véritable ne soit connue que de Dieu seul, l'Église visible lui est intimement liée sur cette terre. Pasteurs et responsables de l'Église doivent essayer de vivre en véritables disciples du Christ; cependant, leur autorité ne dépend pas en dernier ressort de leur droiture. Les sacrements religieux sont réduits, conformément à ce qui était mentionné dans les Évangiles, au baptême et à l'eucharistie, qui doivent être célébrés comme des mystères auxquels le Christ était spirituellement présent. La constitution presbytérienne de l'Église réformée issue du calvinisme n'admet pas de hiérarchie cclésiastique. La théologie de Calvin exerça une influence considérable sur les protestants français (huguenots) et hollandais, ainsi que sur l'évolution de l'Église anglicane. Calvin avait mis l'accent sur la gloire souveraine de Dieu, sur la prédestination des élus, sur l'autorité des Écritures et sur les formes de la vie chrétienne, réprouvant en particulier les péchés d'orgueil et de désobéissance. Chacun de ses aspects a pu être considéré tour à tour par ses disciples comme l'élément central de la doctrine calviniste, qui a continué à évoluer et à s'exprimer à travers les Églises réformées et presbytériennes.

(infos tirées de l’encyclopédie Encarta)

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