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6974 Protestantisme
Lan mil sept cent soixante et dix sept, le huit du mois de septembre, nous, soussignés, cavaliers de la maréchaussée général du Haynaut et du Cambrésis à la résidence de Cambray, étant affaire notre tournée ordinaire au village de Walincourt sommes informés au curé de ce qui pouvoit être cette assemblée que nous avions déjà entendu parlair, nous a répondu que hier à midy 7 du présent mois, chez Jean Baptiste Chatelin sétoit fait un assemblée considérable environs de trois cents personnes comme il le voit de son certificat ci-joint, de tout protestant rasemblé des environs du pays. De même, Monsieur le Marquis de Bécelaer nous at assuré quil avoit dans cette assemblée un ministre, homme gros étranger vêtu dun abit bleu, mis à la mode holandoise monté dessus un cheval gris et que ledit ministre pourroit encore bien être chez ledit Chatelain ou chez le nommé Potelot connue des principal de leur loÿ, cepourquoi que lenvie que nous ûmes de le retraire, avons été tout de suite chez le susdit en faire la recherche, mais il étoit partÿ. Plusieurs particuliers dudit lieu et même des gens de Monsieur le Marquis nous ont dit davoir vûe cette assemblée ainsi que ledit ministre quil avoit au moins quatre cent personnes. Enfoÿ de quoÿ avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir en ce qui est de raison. Fait audit lieu le jour, mois et an que dessus. Etoit signé J. Bte Werÿ j. p. martin Le soussigné certifie quon lui a rapporté quil sétoit tenu hier sept septembre 1777 une assemblée denviron trois cents hugnots chez Jean Baptiste Catelain, mulquinier de cette paroisse. P J Larme, curé de Walincourt Le 8 septembre 1777 [Protestants assemblés au village de Walincourt] 29.7bre 1777 Monsieur Jay lhonneur de vous adresser cy joint la copie du procès verbal tenu par deux cavaliers de ma compagie au sujet dune assemblée de trois cents protestants qui sest faitte au village de Walincourt le 7 de ce mois. Jay pareillement lhonneur de vous adresser la copie de la lettre que jécris à M. le Pce de Robecq sur le même sujet. Il serrait, je crois, Monsieur, dangereux et nuisible au commerce de traitter cette affaire militairement y ayant une loy positive sur les assemblées généralles publicques et illicites daprès laquelle io est aisé dinfliger une punition à ceux qui y ont contrevenu sans y faire entrer aucun motif de relligion. Jay lhonneur dêtre, avec un très respectueux attachement, Monsieur, Votre très humble et Très obéissant serviteur Préseau de Dompiere A Avesnes le 29.7bre 1777 [Copie de la lettre écrite à M. le Pce de Robecq par M. Préseau de Dompiere le 29.7bre 1777] Jaÿ lhonneur de vous adresser le procès verbal qui a été dressé par deux cavaliers de ma compagnie à la résidence de Cambraÿ au sujet dune assemblée denviron trois cents protestans qui sest tenu chez le Né Jean Baptiste Chatelin à laquelle a présidé un ministre venu du pays étranger. Le sous brigadier de ma compagnie, Monsieur, à la résidence de Solesmes, ma informé du même fait mais ces deux brigades nestoient pas en connoissance assez tôt pour pouvoir arrêter le ministre. Jaÿ, Monsieur, rendu compte aussÿ à Mgr lArchevêque et à M. lIntendant de cette assemblée. Comme ces sortes daffaires ne sont pas de la compétence de la maréchaussée, que pour lexécution de vos ordres particuliers, je vous supplie, Monsieur, de voulloir bien me donner ceux que vous jugerez nécessaires au bien du service de S. M. étant bien persuadé de lexactitude et de la ponctualité avec lesquels je les exécuteraÿ. Je présume, Monsieur, que le M de Castries vous aura laissé la liasse dans laquelle sont compris les éclaircissements quil ma ordonné de prendre sur cet objet et qui sont consignés dans ma lettre du 13 9bre 1776 et 10 février 1777. Je vous prie aussÿ, Monsieur, dobserver par le procès verbal du 24 janvier de cette année tenu à Walincourt par le Né Buyrette, exempt de ma compagnie à la résidence de Cambray, accompagné du Né Pintiaux, cavalier, que le nommé Chatelin est désigné par le curé comme un des plus ardents sectaires et par le procès du vingt-six janvier aussÿ dernier tenu à Walincourt par les Nés Pintiaux et Grice, cavaliers, que le Né Chatelain est déclaré par ses confrères mesmes dans une assemblée de cinquante à soixante personnes comme faisant les fonctions du ministre absent. Si lintention de la cour est, Monsieur, de faire sévice à cause de cette assemblée, il serroit bien à désirer quen écartant avec grand soin de linstruction de la procédure tout ce qui a rapport à la croyance de Réfforme, ils ne puissent douter que linfraction aux ordonnances du Roÿ sur la police général du royaume ne soit le seul crime quon ayt lintention de punir, tout motif de religion ne serviroit quà faire expatrier les gens timides ou à enflammer davantage ceux qui son susseptibles de cet entousiasme qui sert à séduire par la singularité ou qui rend un citoyen opiniatre Pour copie, Préseau de Dompiere Mr de Préseau Jay reçu, Mr, la lettre que v. mavez fait Lhr de mEcrire le 29 du mois der à laquelle étoit jointe copie de celle que vous avez écrite le même jour à Mr le Prince de Robecq avec copie du procès verbal du 8 du mois der dressé par 2 cavaliers de la maréchaussée, de la recherche quils ont faite dun Etranger quon leur a dit être un ministre de la Religion prétendue réformée et auprès duquel on leur a assuré que sétoient rassemblés, dans le village de Walincourt, plus de 300 religionnaires. Je vous suis bien obligé, Mr, de lattention que vous avez bien voulu avoir de me faire part de cet événement. Je profite, avec bien du plaisir, de cette occasion de vous renouveler les assurances du sincère et parfait attachemnt avec lequel etc etc [Copie de la lettre écrite par M. le Pce De Robecq à MM. Les Princes de Soubise et de Montbarrey de Lille le 10.8bre.1777] Mr, Lorsque jai eu lhonneur de prendre congé de vous au mois davril dernier, vous mavez fait celui de me parler de quelques assemblées que les protestans avoient tenues dans le Cambrésis et de lattention quelles méritoient pour empêcher la propagation du schisme ; depuis mon arrivée ici, jai pris des précautions qui mont parues seures pour être informé de ce qui se passeroit à cet égard. Et je viens dêtre instruit que les protestants, qui depuis le mois de février exerçoient tranquillement et secrettement leur religion dans lintérieur de leurs maisons, sans faire dassemblées nombreuses, en ont formé une le sept du mois dernier chez le nommé Jean Baptiste Chatelain, habitant de Valincourt qui les avoit invités et rassemblés au nombre de 3 à 400 à loccasion dun ministre que lon soupçonne hollandais et qui étoit chez luy ; ce Chatelain est un zélé protestant et qui fait fréquemment les fonctions de ministre, est le même chez qui on a tenu les assemblées dont Mr le Mis de Castries a eu lhonneur de vous rendre compte lhiver dernier ; si votre intention est, Monsieur, de sévir contre cet homme, il me semble que le parti le plus prudent seroit de ne prendre pour prétexte que la désobéissance aux loix de police générale du royaume, ayant tenu plusieurs fois chez lui des assemblées nombreuses, secrettes et illicites, et den écarter tout ce qui pourroit avoir rapport à la religion qui ne serviroit quà faire expatrier les gens timides ou à enflammer davantage ceux qui sont susceptibles denthousiasme, cest leffet que produit ordinairement la contrainte sur les opinions ; je crois encore devoir vous observer que dans le nombre des protestants de Cambray et des environs, il sy trouve beaucoup douvriers en baptiste et en linon qui, sils étoient recherchés avec sévérité, iroient établir en Hollande ou en Angleterre une branche de commerce que nous perderions ou qui souffriroit au moins dune grande diminution par la concurrence ; ces considérations, Monsieur, mont paru assez importantes pour devoir vous en rendre compte et vous demander vos ordres relativement à la conduite que vous voulez que je tienne, vous pouvez être persuadé, etc etc Mr le Prince de Montbarrey Mr, Le prévot général de la maréchaussée du Haynaut ma rendu compte dune assemblée de protestans qui Sest Tenue Le 7 du mois der à Walincourt dans le Cambrésis. Jay crü devoir, avant de vous en informer, En Conférer avec Mr le Prince de Robecq. Il ma dit quIl vous avoit Ecrit le 10 de ce mois. Il ma même fait part du Contenu de sa lettre. Elle renferme les vues les plus judicieuses sur les moyens que lon peut mettre en trayn pour punir les chefs de ces assemblées et empêcher quelles ne se tiennent à lavenir ; Et je ne puis que me référer à ce que Mr le Prince de Robecq vous propose à cet égard. Je suis, [Copie de la lettre écrite à M. Préseau de Dompiere par M. Gab Dumoutier) St Quintin le 17.8bre.1777 Vous êtes certainement instruit, mon cher Monsieur, que les paÿsans de Walincourt ont fait de nouvelles sottises. Monsieur lIntendant de Valenciennes en est informé, et, pour empêcher les puissances ecclésiastiques qui y seront affectées, il est nécessaire que les délicants soient punis dune manière qui satisfasse sans effrayer ceux que le fanatisme a dirigée. Jignore où est actuellement Monsieur lIntendant de Valenciennes. Cela mEmpêche de luy en écrire et je madresse à vous pour vous supplier de vouloir bien luy en parler lors que vous aurez loccasion de le voir. Il y a un procès verbal fait et dirigé dune manière assez forte pour en craindre les suittes avec toute autre que, Monsieur de Sénac, dont le génie supérieure mais doux vous est connu. Dailleurs, je crois nécessaire dattendre que la crainte des punitions engage les paysans à venir me trouver pour demander grâce pour eux. Toutes ces désordres narriveroient pas si M. le Marquis de Besselair étoit un peu plus sévère et sil avoit voulu céder à ma prière de faire venir chez luy les plus zélés pour leur recommander dêtre modérés et sages. Je lavois aussÿ prié de faire marcher ses gardes tous les dimanches pour visiter les maisons soupçonnées de recevoir les prédicants ; ces deniers auroient été effrayés de cette précaution, et ne seroient peut-être pas revenus. Comme je crains que dans le courant de lhiver, il ny ai des nouvelles assemblées, et que je serai à Paris ou à Londres dans les mois de Xbre et janvier prochain, je vous supplierois, mon cher Monsieur, de vouloir bien ordonner à vos cavaliers de maréchaussée de se rendre tous les dimanches dans les villages habités principalement par des religionnaires, afin de leur prouver quon soccupe du moyen nécessaire à les obliger dêtre tranquilles. Je pense que cette démarche fera un très bon effet. Au reste, mon cher Monsieur, ce sont leds curés qui sont la cause de toutes ces procédés irrégulières et contraires aux loix. Ils ont limbécillité de refuser de mettre le nom du père quand ils baptissent les enfants. Cette conduite tous les paysans et si lon ne les veillire (?) pas, ils feroient bientôt comme ceux du Languedoc, qui font remplir les formalités de lEglise par un prédicant au désert. Je nai eu lhonneur de voir Monsieur de Meilhan quune heure, et jai trouvé un homme plein desprit, de lumière et de connoissance bien instruit de la nécessité de conserver à lEtat ses sujets précieux et disposés à faire en toutes occasion ce qui seroit nécesssaire pour le mieux de la chose. Je me flatte, mon cher Monsieur, que vous voudrez bien lengager à finir cette dernière affaire, dont les suittes me paraissent toujours dangereuses. Je pars demain pour me rendre dans une terre au près de Crépy, chez ma nièce, noret ( ? ce mot est difficile à lire), et lon aura soin de my envoyer mes lettres jusquà la fin du mois. Si vous jugez à propos que je fasse quelques démarches à cet égard, je vous prie de me le mander, afin que je my conforme. Jaÿ lhonneur dêtre etc etc [Copie de la lettre écrite à M. Dumoutier par M. Préseau de Dompiere] A Avesnes le 21.8bre 1777 Jay reçu, mon cher monsieur, la lettre que vous mavez fait lhonneur de mécrire le 17 de ce mois au sujet de lassemblée de 300 protestant environs qui sest tenu à Walincourt le 7 du mois dernier chez Jean Baptiste Chatelain à laquelle a présidé un ministre venu dun pays étranger ; vous rendriez, Monsieur, un service très essentiel aux paYsans du Cambrésis qui professent la religion réfformée si vous pouviez les engager à ne pas enfreindre à cet égard les ordonnances de police généralle du royaume. Je crois pouvoir vous assurer quils trouveront toutes les personnes chargées de ladministration pénétrées de cette (ici, il doit manquer un mot) sur larticle de la croyance. Maxime sublime de lEvangile quil faut pleurer sur légarement de ses frères, les chérir, prier pour eux, les édiffier et les secourir, mais il faut que de leur côté, ils ne sécartent nullement des devoirs de citoÿens sans quoÿ toute abstraction faite des différences dans les opinions, ils seront seurement punis comme de catholiques qui enfrindroient les ordonnances de leur souverain. Lobjet le plus essentiel seroit décarter les ministres qui viennent du pays étranger et qui sont bien plus guidés par un sordide intérest que par un zèle véritable pour leur religion. Jignore entièrement quelles seront les suittes quon donnera à dernière assemblée. M. le Pce de Robecq et M. lIntendant ont pris des ordres de la cour à ce sujet. (Suivent deux lignes raturées et illisibles) [Copie dune lettre écrite par M. le Prince de Montbarrey à M. le Prince de Robecq] A Fontainebleau, le 23 8bre 1777 Jai mis, Monsieur, sous les yeux du Roi, la lettre judicieuse que vous mavez fait lhonneur de mécrire au sujet de lassemblée nombreuse de protestans que le Noé Chatelain, habitant de Walincourt, village de Cambrésis a tenue chez lui le 7 du mois dernier. Sa majesté a jugé que la punition dune contravention aussi formelle aux loix du royaume qui défendent de sassembler sans permission importait au maintien du bon ordre et de la tranquillité publique. En conséquence, Elle veut que le noé Chatelain soit mis en prison pensant quelque tems et je joins ici un ordre pour ly faire conduire. Au reste, il faudra bien se garder de donner à croire que la religion ait entré pour quelque chose dans les motifs de cet ordre. Rien ne serait, comme vous lobservez très bien plus capable déchauffer les esprits et sil est nécessaire de les ménager en cette matière, cest sur tout dans une Province voisine dEtat où la plus grande tolérance a lieu. Jai lhonneur dêtre, etc etc [Copie de la lettre écrite à M. le Pce de Robecq par M. Préseau de Dompiere] Avesnes, le 24.8bre 1777 Monsieur, Je crois devoir vous adresser la copie de la lettre que ma écrit M. Dumoutier négotiant à St Quentin au sujet de lassemblée des protestants tenue le 7 du mois dernier à Walincourt. Cette lettre me paroit devoir donner lieu à quelleque réfflexions intéressantes. Premièrement, je vous prie, Monsieur, de remarquer que M. Dumoutier croit quune punition seroit nécessaire en la faisant tomber sur le ministre par contumax, et le seul Jean Baptiste Chatelain pour avoir prêté sa maison à une assemblée déffendue par les ordonnances de police général. Si cet homme sexpatrioit pour éviter la peine quil a méritée, ce ne seroit quun citoyen de perdu et cela suffiroit peut-être pour éviter un plus grand mal à lavenir si ces assemblées se multiplient comme M. Du Moutier lui même le craint. Secondement, il présume que les paysans iront lengager à demander grâce pour eux, ne pourroit-il pas puisque ces paysans ont tant de confiance en luÿ, leur faire bien sentir que le premier devoir dun sujet, quelle que soit la religion quil professe, est lobéissance à son souverain, que cette obéissance est pour eux le seul moyen dobtenir quon ne les inquiète pas sur leur religion, car dailleurs, ce sont les seulles infractions aux loix de lEtat que lon punit. La singularité, qui est le grand méritte dans la différences des opinions tombe auprès de lindifférence quon témoigne pour elle. Troisièmement, il pense que lil de la police contiendroit les plus ardents pour quon puisse soccuper des assemblées particulières qui se font dans les maisons à portes clauses, il faudrait indispensablement quil y eut une loÿ claire sur cet article, sans quoÿ on compromettroit les agents quon emploieroit et il serroit également dangereux dy employer des gens ardents qui pourroient aller trop loin et quon se mettroit dans la nécessité de soutenir ou des gens moins qui donneroient lieu au mal daugmenter. Quatrièmement, il craint que dans le courant de lhiver, ces assemblées ne se renouvellent. Peut-être nauroient-elles pas lieu, si, comme il le propose, celle du 7.7bre étoit punie avant le temps où elles doivent se faire. Ne serroit-il pas possible aussÿ de faire sentir à M. Du Moutier quil rendroit un service si-essentiel aux protestants du Cambrésis en écartant les ministres étrangers, sil vaudroit mieux ; sil na pas assez de crédy pour les empêcher de venir en France, indiquer les moyens de sÿ opposer que dexposer des citoyens aux peines portées contre les infractions aux ordonnances du roÿ uniquement pour satisfaire la cupiditté de quelques-uns de leurs prétendus apostres. Cinquièmement, il croit que les curés agissent indiscrètement dans certaines occasions. M. larchevêque se reffuseroit-il après avoir vériffié les faits à réfformer labus dont on se plaint à moins quil ne soit authorisé par les ordonnances du Roÿ. Lobjet me paroit purement civil et nullement ecclésiastique. Sixièmement, M. Du Moutier paroit craindre les suittes de la dernière assemblée. Ne pourroit-il pas faire passer cette appréhension jusquà ceux qui ont commis le délit et au point de leur faire craindre un châtiment si sévère pour une nouvelle contravention quils nosassent plus ÿ retomber. Jaÿ, Monsieur, fait à M. Dumoutier la réponse dont jaÿ lhonneur de vous adresser la copie ci jointe dans laquelle je me suis renfermé dans des maximeds généralles. Il me paroit, Monsieur, que le feu est un peu plus ardent et on est assez porté à croire que les grands employs qui sont confiés à M. de Creeke font imaginer aux protestants que le gouvernement est disposé à user envers eux dune tollérance beaucoup plus grande. Jaÿ lhonneur, .. 25.8bre.1717 assemblée de protestants au village de Walincourt Mr Dumoutier dit que les curés ont tort de refuser de mettre le nom du père quand ils baptisent les Enfans. Jaÿ lhonneur de vous adresser la copie de la lettre que jaÿ reçu de M. Dumoutier au sujet de la dernièrre assemblée des protestants, la copie de la réponse que je luy ay fait et la copie de la lettre que jay écrit à M. le Pce de Robecq à ce sujet. Ces pièces vous mettront, Monsieur, au fait de ce que pense M. Dumoutier sur ces sortes dassemblées. Son méritte personnel et la confiance que les protestants ont en luy me font croire quil pourroit dans ces sortes dassociations rendre de très grands services pour contenir les fanatiques de cette religion qui nentendent guerre leurs intérêts en contrevenant aux ordonnances du royaume quils habittent. Jaÿ lhonneur dêtre, avec un très respectueux attachement Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur Préseau de Dompiere A Avesnes le 25 8bre 1777 A Fontainebleau le 3 novembre 1777 Emprisonnement du Né Chatelain habitant de Walincourt Se garder de donner à croire Que la religion ait été le motif De lordre du Roi Je ne peux mieux répondre, Monsieur, à la lettre que vous mavez fait lhonneur de mécrire au sujet de ce qui sest passé à Walincourt le 7 du mois dernier quen vous envoyant copie de ma réponse à M. le Pce de Robeq sur cet objet très digne de lattention que vous y avez donnée lun et lautre. Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. M. de Montbarey Monsieur, Je métois flatté davoir lhonneur de vous voir ici à votre retour de Valenciennes à Paris, jespère que je serai plus heureux lannée prochaine. Le nommé Jn Bte Catelain du village de Walincour a été arrêté et conduit dans leds prisons de Cambray, daprès un procès verbal qui conste quon a tenu une assemblée de religionnaires chez lui en quun prédiquant y étoit. Cet exposé nest pas véritable ; mais il est très certain que le nommé Bélanger prédiquant est arrivé le 7 7bre dernier à huit heures du matin chez Jn Bte Catelain, que ce dernier sest refusé à ce quil se tint cher lui aucune assemblée, et que Bélanger a été obligé de repartir le même jour à midy, la famille de Catelain et des habitants de Walincourt affirment ce détail. Catelain ne peut être coupable que de navoir pas chassé sur le champ ce prédiquant et de ne pas en avoir fait sa déclaration à la justice. Mais permettez-moy, Monsieur, de vous représenter quon le traitte bien sévèrement et daignés vous joindre à moy pour lui faire accorder sa liberté. Elle lui est dautant plus nécessaire quil entretient constament quarante ouvriers et que ces infortunés le seroient bien davantage si la détention de Catelain les privoit douvrage et du fruit de leur travail pour lui. Ce Bélanger est le même prédiquant dont javois eu lhonneur de vous remettre le signalement lannée dernière et que je vous avois prié darrêter. Je me rendroi demain à Walincour et jexhorterai les paisans à être plus circonspects avec ces coureurs qui pressurent leur bourçe au nom de la divinité. Jai lhonneur dêtre, avec respect Monsieur, Votre très humble et obs serviteur Gab Dumoutier St Quentin le 28 9bre 1777 Jécris à M. les Pces de Montbarrey et de Robeck pour leur demander la liberté de Catelain. M. Gab Dumoutier à St Quintin Emprisonnement de Jn Bte Catelain Jay reçu, Monsieur, la lettre que vous mavez fait lhonneur de mécrire le 28.9bre.der, je suis bien fâché que mes affaires ne mayent pas permis de passer cette année par St Quintin, jaurois eu beaucoup de plaisir de vous y voir. A légard de lemprisonnement du Né J. Bte Catelain provenant du village de Walincourt ; si le Ministre à qui vous en avez rendu compte me consulte sur cet objet, je ferai valoir autant quil me sera possible les raisons que vous me donniez sur cette affaire afin de procurer à ce particulier un prompt élargissement sil en est aussi peu coupable que vous lannoncez. Jay etc etc
Votre caractère bienfaisant et votre zèle pour le bien de létat encouragent les sujets du Roi, qui dans le Canbrésis professent la Religion réformée, à implorer votre puissante protection auprès de sa Majesté. Des esprits chagrins jaloux de leur situation, quelque fâcheuse quelle soit, les peignent depuis longtemps dune manière si contraire à leurs vrais sentiments, quils ont enfin obtenu des ordres pour arrêter le Sr. Jean Baptiste Catelain marchand fabricant de toilettes, dans la paroisse de Walincourt ; ce qui fut exécuté la nuit du 24 au 25 novembre dernier. Conduit dabord dans les prisons de Cambray, il a été aussitôt transféré dans celles de Landrecies. Cependant cet infortuné nest pas plus coupable queux : Comme eux il est soumis au Roi, et il en est un des plus fidèles sujets ; recommandable par sa famille composée de six à sept enfants, il lest encore par son industrie et par ses fabriques, qui font subsister un grand nombre de familles réduites par son emprisonnement à manquer de travail et de pain. Daignez, Monseigneur, le faire rendre à ses enfants, à cette foule douvriers qui sattendent à lui. Daignez représenter au Roi combien les Protestants du Cambrésis, satisfaits de pouvoir prier pour sa Majesté et pour lEtat dans leurs sociétés peu nombreuses saffermissent par les Lumières quils y puisent, dans leurs devoirs de Citoyens et de Sujets : et y trouvent un puissant motif pour ne pas se retirer dans des lieux où ils jouiraient tranquillement du Culte de leur Religion, et où ils ne se verraient pas traités comme des bâtards, comme des Rebelles, comme des gens sans aveu, traitements bien durs, bien humiliants pour tout homme qui pense et surtout pour des curs Français. Que ne peuvent-ils eux-mêmes faire entendre au Roi, les sentiments dont ils sont pénétrés pour son Auguste Personne. Lorsque comme eux, on sexpose à tout, pour ne pas déplaire au Tout Puissant, on est prêt à tout, pour rendre au Prince tout ce quon lui doit ; Mais si vous daignez être leur intercesseur auprès de sa Majesté, que ne vous devront-ils pas : et quel plaisir naurez-vous pas, vous-même Monseigneur, davoir fait du bien à des personnes qui en sont dignes par leurs sentiments, par leur conduite ; et par leurs vux pour votre prospérité et pour celle de lEtat. ![]() ![]() |
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