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de données (fichier de Philippe Cattelain)
7 Septembre 1777 | Walincourt : Assemblée au désert chez Jean Baptiste CATTELAIN |
8 Septembre 1777 | Walincourt : rapport de la maréchaussée L’an mil sept cent soixante et dix sept, le huit du mois de septembre, nous, soussignés, cavaliers de la maréchaussée général du Haynaut et du Cambrésis à la résidence de Cambray, étant affaire notre tournée ordinaire au village de Walincourt sommes informés au curé de ce qui pouvoit être cette assemblée que nous avions déjà entendu parlair, nous a répondu que hier à midy 7 du présent mois, chez Jean Baptiste Chatelin s’étoit fait un assemblée considérable environs de trois cents personnes comme il le voit de son certificat ci-joint, de tout protestant rasemblé des environs du pays. De même, Monsieur le Marquis de Bécelaer nous at assuré quil avoit dans cette assemblée un ministre, homme gros étranger vêtu d’un abit bleu, mis à la mode holandoise monté dessus un cheval gris et que ledit ministre pourroit encore bien être chez ledit Chatelain ou chez le nommé Potelot connue des principal de leur loÿ, cepourquoi que l’envie que nous ûmes de le retraire, avons été tout de suite chez le susdit en faire la recherche, mais il étoit partÿ. Plusieurs particuliers dudit lieu et même des gens de Monsieur le Marquis nous ont dit d’avoir vûe cette assemblée ainsi que ledit ministre qu’il avoit au moins quatre cent personnes. Enfoÿ de quoÿ avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir en ce qui est de raison. Fait audit lieu le jour, mois et an que dessus. Etoit signé J. Bte Werÿ j. p. martin |
8 Septembre 1777 | Walincourt : témoignage du curé Le soussigné certifie qu’on lui a rapporté qu’il s’étoit tenu hier sept septembre 1777 une assemblée d’environ trois cents hugnots chez Jean Baptiste Catelain, mulquinier de cette paroisse. P J Larme, curé de Walincourt Le 8 septembre 1777 |
29 Septembre 1777 | Avesnes : courrier de Préseau de Dompiere à M. l'Intendant de Valenciennes [Protestants assemblés au village de Walincourt] 29.7bre 1777 Monsieur J’ay l’honneur de vous adresser cy joint la copie du procès verbal tenu par deux cavaliers de ma compagie au sujet d’une assemblée de trois cents protestants qui s’est faitte au village de Walincourt le 7 de ce mois. J’ay pareillement l’honneur de vous adresser la copie de la lettre que j’écris à M. le Pce de Robecq sur le même sujet. Il serrait, je crois, Monsieur, dangereux et nuisible au commerce de traitter cette affaire militairement y ayant une loy positive sur les assemblées généralles publicques et illicites d’après laquelle io est aisé d’infliger une punition à ceux qui y ont contrevenu sans y faire entrer aucun motif de relligion. J’ay l’honneur d’être, avec un très respectueux attachement, Monsieur, Votre très humble et Très obéissant serviteur Préseau de Dompiere A Avesnes le 29.7bre 1777 |
29 Septembre 1777 | Avesnes : courrier de Préseau de Dompiere au Prince de Robecq [Copie de la lettre écrite à M. le Pce de Robecq par M. Préseau de Dompiere le 29.7bre 1777] J’aÿ l’honneur de vous adresser le procès verbal qui a été dressé par deux cavaliers de ma compagnie à la résidence de Cambraÿ au sujet d’une assemblée d’environ trois cents protestans qui s’est tenu chez le Né Jean Baptiste Chatelin à laquelle a présidé un ministre venu du pays étranger. Le sous brigadier de ma compagnie, Monsieur, à la résidence de Solesmes, m’a informé du même fait mais ces deux brigades n’estoient pas en connoissance assez tôt pour pouvoir arrêter le ministre. J’aÿ, Monsieur, rendu compte aussÿ à Mgr l’Archevêque et à M. l’Intendant de cette assemblée. Comme ces sortes d’affaires ne sont pas de la compétence de la maréchaussée, que pour l’exécution de vos ordres particuliers, je vous supplie, Monsieur, de voulloir bien me donner ceux que vous jugerez nécessaires au bien du service de S. M. étant bien persuadé de l’exactitude et de la ponctualité avec lesquels je les exécuteraÿ. Je présume, Monsieur, que le M de Castries vous aura laissé la liasse dans laquelle sont compris les éclaircissements qu’il m’a ordonné de prendre sur cet objet et qui sont consignés dans ma lettre du 13 9bre 1776 et 10 février 1777. Je vous prie aussÿ, Monsieur, d’observer par le procès verbal du 24 janvier de cette année tenu à Walincourt par le Né Buyrette, exempt de ma compagnie à la résidence de Cambray, accompagné du Né Pintiaux, cavalier, que le nommé Chatelin est désigné par le curé comme un des plus ardents sectaires et par le procès du vingt-six janvier aussÿ dernier tenu à Walincourt par les Nés Pintiaux et Grice, cavaliers, que le Né Chatelain est déclaré par ses confrères mesmes dans une assemblée de cinquante à soixante personnes comme faisant les fonctions du ministre absent. Si l’intention de la cour est, Monsieur, de faire sévice à cause de cette assemblée, il serroit bien à désirer qu’en écartant avec grand soin de l’instruction de la procédure tout ce qui a rapport à la croyance de Réfforme, ils ne puissent douter que l’infraction aux ordonnances du Roÿ sur la police général du royaume ne soit le seul crime qu’on ayt l’intention de punir, tout motif de religion ne serviroit qu’à faire expatrier les gens timides ou à enflammer davantage ceux qui son susseptibles de cet entousiasme qui sert à séduire par la singularité ou qui rend un citoyen opiniatre Pour copie, Préseau de Dompiere |
9 Octobre 1777 | Valenciennes : réponse de M l'Intendant à M de Préseau de Dompiere
Valenciennes 9.8bre 1777 Mr de Préseau J’ay reçu, Mr, la lettre que v. mavez fait Lhr de m’Ecrire le 29 du mois der à laquelle étoit jointe copie de celle que vous avez écrite le même jour à Mr le Prince de Robecq avec copie du procès verbal du 8 du mois der dressé par 2 cavaliers de la maréchaussée, de la recherche qu’ils ont faite d’un Etranger qu’on leur a dit être un ministre de la Religion prétendue réformée et auprès duquel on leur a assuré que s’étoient rassemblés, dans le village de Walincourt, plus de 300 religionnaires. Je vous suis bien obligé, Mr, de l’attention que vous avez bien voulu avoir de me faire part de cet événement. Je profite, avec bien du plaisir, de cette occasion de vous renouveler les assurances du sincère et parfait attachemnt avec lequel etc … etc … |
10 Octobre 1777 | Lille : lettre du Prince de Robecq à MM les Princes de Soubise et Montbarrey,
Assemblée de protestants [Copie de la lettre écrite par M. le Pce De Robecq à MM. Les Princes de Soubise et de Montbarrey de Lille le 10.8bre.1777] Mr, Lorsque j’ai eu l’honneur de prendre congé de vous au mois d’avril dernier, vous m’avez fait celui de me parler de quelques assemblées que les protestans avoient tenues dans le Cambrésis et de l’attention qu’elles méritoient pour empêcher la propagation du schisme ; depuis mon arrivée ici, j’ai pris des précautions qui m’ont parues seures pour être informé de ce qui se passeroit à cet égard. Et je viens d’être instruit que les protestants, qui depuis le mois de février exerçoient tranquillement et secrettement leur religion dans l’intérieur de leurs maisons, sans faire d’assemblées nombreuses, en ont formé une le sept du mois dernier chez le nommé Jean Baptiste Chatelain, habitant de Valincourt qui les avoit invités et rassemblés au nombre de 3 à 400 à l’occasion d’un ministre que l’on soupçonne hollandais et qui étoit chez luy ; ce Chatelain est un zélé protestant et qui fait fréquemment les fonctions de ministre, est le même chez qui on a tenu les assemblées dont Mr le Mis de Castries a eu l’honneur de vous rendre compte l’hiver dernier ; si votre intention est, Monsieur, de sévir contre cet homme, il me semble que le parti le plus prudent seroit de ne prendre pour prétexte que la désobéissance aux loix de police générale du royaume, ayant tenu plusieurs fois chez lui des assemblées nombreuses, secrettes et illicites, et d’en écarter tout ce qui pourroit avoir rapport à la religion qui ne serviroit qu’à faire expatrier les gens timides ou à enflammer davantage ceux qui sont susceptibles d’enthousiasme, c’est l’effet que produit ordinairement la contrainte sur les opinions ; je crois encore devoir vous observer que dans le nombre des protestants de Cambray et des environs, il s’y trouve beaucoup d’ouvriers en baptiste et en linon qui, s’ils étoient recherchés avec sévérité, iroient établir en Hollande ou en Angleterre une branche de commerce que nous perderions ou qui souffriroit au moins d’une grande diminution par la concurrence ; ces considérations, Monsieur, m’ont paru assez importantes pour devoir vous en rendre compte et vous demander vos ordres relativement à la conduite que vous voulez que je tienne, vous pouvez être persuadé, etc … etc … |
14 Octobre 1777 | Valenciennes : lettre de M de Senac de Meilhan à Mr le Prince de Montbarrey Vales 14.8bre 1777 Mr le Prince de Montbarrey Mr, Le prévot général de la maréchaussée du Haynaut m’a rendu compte d’une assemblée de protestans qui S’est Tenue Le 7 du mois der à Walincourt dans le Cambrésis. J’ay crü devoir, avant de vous en informer, En Conférer avec Mr le Prince de Robecq. Il m’a dit qu’Il vous avoit Ecrit le 10 de ce mois. Il m’a même fait part du Contenu de sa lettre. Elle renferme les vues les plus judicieuses sur les moyens que l’on peut mettre en trayn pour punir les chefs de ces assemblées et empêcher qu’elles ne se tiennent à l’avenir ; Et je ne puis que me référer à ce que Mr le Prince de Robecq vous propose à cet égard. |
17 Octobre 1777 | St Quentin : courrier de M Gab Dumoutier à M Préseau de Dompiere
[Copie de la lettre écrite à M. Préseau de Dompiere par M. Gab Dumoutier] St Quintin le 17.8bre.1777 Vous êtes certainement instruit, mon cher Monsieur, que les paÿsans de Walincourt ont fait de nouvelles sottises. Monsieur l’Intendant de Valenciennes en est informé, et, pour empêcher les puissances ecclésiastiques qui y seront affectées, il est nécessaire que les délicants soient punis d’une manière qui satisfasse sans effrayer ceux que le fanatisme a dirigée. J’ignore où est actuellement Monsieur l’Intendant de Valenciennes. Cela m’Empêche de luy en écrire et je m’adresse à vous pour vous supplier de vouloir bien luy en parler lors que vous aurez l’occasion de le voir. Il y a un procès verbal fait et dirigé d’une manière assez forte pour en craindre les suittes avec toute autre que, Monsieur de Sénac, dont le génie supérieure mais doux vous est connu. D’ailleurs, je crois nécessaire d’attendre que la crainte des punitions engage les paysans à venir me trouver pour demander grâce pour eux. Toutes ces désordres n’arriveroient pas si M. le Marquis de Besselair étoit un peu plus sévère et s’il avoit voulu céder à ma prière de faire venir chez luy les plus zélés pour leur recommander d’être modérés et sages. Je l’avois aussÿ prié de faire marcher ses gardes tous les dimanches pour visiter les maisons soupçonnées de recevoir les prédicants ; ces deniers auroient été effrayés de cette précaution, et ne seroient peut-être pas revenus. Comme je crains que dans le courant de l’hiver, il n’y ai des nouvelles assemblées, et que je serai à Paris ou à Londres dans les mois de Xbre et janvier prochain, je vous supplierois, mon cher Monsieur, de vouloir bien ordonner à vos cavaliers de maréchaussée de se rendre tous les dimanches dans les villages habités principalement par des religionnaires, afin de leur prouver qu’on s’occupe du moyen nécessaire à les obliger d’être tranquilles. Je pense que cette démarche fera un très bon effet. Au reste, mon cher Monsieur, ce sont leds curés qui sont la cause de toutes ces procédés irrégulières et contraires aux loix. Ils ont l’imbécillité de refuser de mettre le nom du père quand ils baptissent les enfants. Cette conduite tous les paysans et si l’on ne les veillire (?) pas, ils feroient bientôt comme ceux du Languedoc, qui font remplir les formalités de l’Eglise par un prédicant au désert. Je n’ai eu l’honneur de voir Monsieur de Meilhan qu’une heure, et j’ai trouvé un homme plein d’esprit, de lumière et de connoissance bien instruit de la nécessité de conserver à l’Etat ses sujets précieux et disposés à faire en toutes occasion ce qui seroit nécesssaire pour le mieux de la chose. Je me flatte, mon cher Monsieur, que vous voudrez bien l’engager à finir cette dernière affaire, dont les suittes me paraissent toujours dangereuses. Je pars demain pour me rendre dans une terre au près de Crépy, chez ma nièce, noret ( ? ce mot est difficile à lire), et l’on aura soin de m’y envoyer mes lettres jusqu’à la fin du mois. Si vous jugez à propos que je fasse quelques démarches à cet égard, je vous prie de me le mander, afin que je m’y conforme. J’aÿ l’honneur d’être etc … etc … |
21 Octobre 1777 | Avesnes : réponse de Mr Préseau de Dompiere à M Gab Dumoutier [Copie de la lettre écrite à M. Dumoutier par M. Préseau de Dompiere] A Avesnes le 21.8bre 1777 J’ay reçu, mon cher monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 17 de ce mois au sujet de l’assemblée de 300 protestant environs qui s’est tenu à Walincourt le 7 du mois dernier chez Jean Baptiste Chatelain à laquelle a présidé un ministre venu d’un pays étranger ; vous rendriez, Monsieur, un service très essentiel aux paYsans du Cambrésis qui professent la religion réfformée si vous pouviez les engager à ne pas enfreindre à cet égard les ordonnances de police généralle du royaume. Je crois pouvoir vous assurer qu’ils trouveront toutes les personnes chargées de l’administration pénétrées de cette (ici, il doit manquer un mot) sur l’article de la croyance. Maxime sublime de l’Evangile qu’il faut pleurer sur l’égarement de ses frères, les chérir, prier pour eux, les édiffier et les secourir, mais il faut que de leur côté, ils ne s’écartent nullement des devoirs de citoÿens sans quoÿ toute abstraction faite des différences dans les opinions, ils seront seurement punis comme de catholiques qui enfrindroient les ordonnances de leur souverain. L’objet le plus essentiel seroit d’écarter les ministres qui viennent du pays étranger et qui sont bien plus guidés par un sordide intérest que par un zèle véritable pour leur religion. J’ignore entièrement quelles seront les suittes qu’on donnera à dernière assemblée. M. le Pce de Robecq et M. l’Intendant ont pris des ordres de la cour à ce sujet. (Suivent deux lignes raturées et illisibles) |
23 Octobre 1777 | Fontainebleau : courrier de M le Prince de Montbarrey à M le Prince de Robecq [Copie d’une lettre écrite par M. le Prince de Montbarrey à M. le Prince de Robecq] A Fontainebleau, le 23 8bre 1777 J’ai mis, Monsieur, sous les yeux du Roi, la lettre judicieuse que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire au sujet de l’assemblée nombreuse de protestans que le Noé Chatelain, habitant de Walincourt, village de Cambrésis a tenue chez lui le 7 du mois dernier. Sa majesté a jugé que la punition d’une contravention aussi formelle aux loix du royaume qui défendent de s’assembler sans permission importait au maintien du bon ordre et de la tranquillité publique. En conséquence, Elle veut que le noé Chatelain soit mis en prison pensant quelque tems et je joins ici un ordre pour l’y faire conduire. Au reste, il faudra bien se garder de donner à croire que la religion ait entré pour quelque chose dans les motifs de cet ordre. Rien ne serait, comme vous l’observez très bien plus capable d’échauffer les esprits et s’il est nécessaire de les ménager en cette matière, c’est sur tout dans une Province voisine d’Etat où la plus grande tolérance a lieu. J’ai l’honneur d’être, etc … etc … |
24 Octobre 1777 | Avesnes : courrier de M Préseau de Dompiere à M le Prince de Robecq [Copie de la lettre écrite à M. le Pce de Robecq par M. Préseau de Dompiere] Avesnes, le 24.8bre 1777 Monsieur, Je crois devoir vous adresser la copie de la lettre que m’a écrit M. Dumoutier négotiant à St Quentin au sujet de l’assemblée des protestants tenue le 7 du mois dernier à Walincourt. Cette lettre me paroit devoir donner lieu à quelleque réfflexions intéressantes. Premièrement, je vous prie, Monsieur, de remarquer que M. Dumoutier croit qu’une punition seroit nécessaire en la faisant tomber sur le ministre par contumax, et le seul Jean Baptiste Chatelain pour avoir prêté sa maison à une assemblée déffendue par les ordonnances de police général. Si cet homme s’expatrioit pour éviter la peine qu’il a méritée, ce ne seroit qu’un citoyen de perdu et cela suffiroit peut-être pour éviter un plus grand mal à l’avenir si ces assemblées se multiplient comme M. Du Moutier lui même le craint. Secondement, il présume que les paysans iront l’engager à demander grâce pour eux, ne pourroit-il pas puisque ces paysans ont tant de confiance en luÿ, leur faire bien sentir que le premier devoir d’un sujet, quelle que soit la religion qu’il professe, est l’obéissance à son souverain, que cette obéissance est pour eux le seul moyen d’obtenir qu’on ne les inquiète pas sur leur religion, car d’ailleurs, ce sont les seulles infractions aux loix de l’Etat que l’on punit. La singularité, qui est le grand méritte dans la différences des opinions tombe auprès de l’indifférence qu’on témoigne pour elle. Troisièmement, il pense que l’œil de la police contiendroit les plus ardents pour qu’on puisse s’occuper des assemblées particulières qui se font dans les maisons à portes clauses, il faudrait indispensablement qu’il y eut une loÿ claire sur cet article, sans quoÿ on compromettroit les agents qu’on emploieroit et il serroit également dangereux d’y employer des gens ardents qui pourroient aller trop loin et qu’on se mettroit dans la nécessité de soutenir ou des gens moins qui donneroient lieu au mal d’augmenter. Quatrièmement, il craint que dans le courant de l’hiver, ces assemblées ne se renouvellent. Peut-être n’auroient-elles pas lieu, si, comme il le propose, celle du 7.7bre étoit punie avant le temps où elles doivent se faire. Ne serroit-il pas possible aussÿ de faire sentir à M. Du Moutier qu’il rendroit un service si-essentiel aux protestants du Cambrésis en écartant les ministres étrangers, s’il vaudroit mieux ; s’il n’a pas assez de crédy pour les empêcher de venir en France, indiquer les moyens de s’ÿ opposer que d’exposer des citoyens aux peines portées contre les infractions aux ordonnances du roÿ uniquement pour satisfaire la cupiditté de quelques-uns de leurs prétendus apostres. Cinquièmement, il croit que les curés agissent indiscrètement dans certaines occasions. M. l’archevêque se reffuseroit-il après avoir vériffié les faits à réfformer l’abus dont on se plaint à moins qu’il ne soit authorisé par les ordonnances du Roÿ. L’objet me paroit purement civil et nullement ecclésiastique. Sixièmement, M. Du Moutier paroit craindre les suittes de la dernière assemblée. Ne pourroit-il pas faire passer cette appréhension jusqu’à ceux qui ont commis le délit et au point de leur faire craindre un châtiment si sévère pour une nouvelle contravention qu’ils n’osassent plus ÿ retomber. J’aÿ, Monsieur, fait à M. Dumoutier la réponse dont j’aÿ l’honneur de vous adresser la copie ci jointe dans laquelle je me suis renfermé dans des maximeds généralles. Il me paroit, Monsieur, que le feu est un peu plus ardent et on est assez porté à croire que les grands employs qui sont confiés à M. de Creeke font imaginer aux protestants que le gouvernement est disposé à user envers eux d’une tollérance beaucoup plus grande. J’aÿ l’honneur, ….. |
25 Octobre 1777 | Avesnes : courrier de M Préseau de Dompiere à M l'Intendant ? Monsieur, 25.8bre.1717 assemblée de protestants au village de Walincourt Mr Dumoutier dit que les curés ont tort de refuser de mettre le nom du père quand ils baptisent les Enfans. J’aÿ l’honneur de vous adresser la copie de la lettre que j’aÿ reçu de M. Dumoutier au sujet de la dernièrre assemblée des protestants, la copie de la réponse que je luy ay fait et la copie de la lettre que j’ay écrit à M. le Pce de Robecq à ce sujet. Ces pièces vous mettront, Monsieur, au fait de ce que pense M. Dumoutier sur ces sortes d’assemblées. Son méritte personnel et la confiance que les protestants ont en luy me font croire qu’il pourroit dans ces sortes d’associations rendre de très grands services pour contenir les fanatiques de cette religion qui n’entendent guerre leurs intérêts en contrevenant aux ordonnances du royaume qu’ils habittent. J’aÿ l’honneur d’être, avec un très respectueux attachement Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur Préseau de Dompiere A Avesnes le 25 8bre 1777 |
3 Novembre 1777 | Fontainebleau : courrier de M de Montbarrey à M le Prince de Robecq A Fontainebleau le 3 novembre 1777 Emprisonnement du Né Chatelain habitant de Walincourt Se garder de donner à croire Que la religion ait été le motif De l’ordre du Roi Je ne peux mieux répondre, Monsieur, à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire au sujet de ce qui s’est passé à Walincourt le 7 du mois dernier qu’en vous envoyant copie de ma réponse à M. le Pce de Robeq sur cet objet très digne de l’attention que vous y avez donnée l’un et l’autre. Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. M. de Montbarey |
24 Novembre 1777 | Nuit du 24 au 25 Novembre 1777 : arrestation de Jean-Baptiste Cattelain |
28 Novembre 1777 | St Quentin : courrier de M Gab Dumoutier à M de Senac de Meilhan [Protestants] Monsieur, Je m’étois flatté d’avoir l’honneur de vous voir ici à votre retour de Valenciennes à Paris, j’espère que je serai plus heureux l’année prochaine. Le nommé Jn Bte Catelain du village de Walincour a été arrêté et conduit dans leds prisons de Cambray, d’après un procès verbal qui conste qu’on a tenu une assemblée de religionnaires chez lui en qu’un prédiquant y étoit. Cet exposé n’est pas véritable ; mais il est très certain que le nommé Bélanger prédiquant est arrivé le 7 7bre dernier à huit heures du matin chez Jn Bte Catelain, que ce dernier s’est refusé à ce qu’il se tint cher lui aucune assemblée, et que Bélanger a été obligé de repartir le même jour à midy, la famille de Catelain et des habitants de Walincourt affirment ce détail. Catelain ne peut être coupable que de n’avoir pas chassé sur le champ ce prédiquant et de ne pas en avoir fait sa déclaration à la justice. Mais permettez-moy, Monsieur, de vous représenter qu’on le traitte bien sévèrement et daignés vous joindre à moy pour lui faire accorder sa liberté. Elle lui est d’autant plus nécessaire qu’il entretient constament quarante ouvriers et que ces infortunés le seroient bien davantage si la détention de Catelain les privoit d’ouvrage et du fruit de leur travail pour lui. Ce Bélanger est le même prédiquant dont j’avois eu l’honneur de vous remettre le signalement l’année dernière et que je vous avois prié d’arrêter. Je me rendroi demain à Walincour et j’exhorterai les paisans à être plus circonspects avec ces coureurs qui pressurent leur bourçe au nom de la divinité. J’ai l’honneur d’être, avec respect Monsieur, Votre très humble et obs serviteur Gab Dumoutier St Quentin le 28 9bre 1777 J’écris à M. les Pces de Montbarrey et de Robeck pour leur demander la liberté de Catelain. |
1er Décembre 1777 | Paris : réponse de M l'Intendant à M Gab Dumoutier A Paris le 1er Xbre 1777 M. Gab Dumoutier à St Quintin Emprisonnement de Jn Bte Catelain J’ay reçu, Monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 28.9bre.der, je suis bien fâché que mes affaires ne m’ayent pas permis de passer cette année par St Quintin, j’aurois eu beaucoup de plaisir de vous y voir. A l’égard de l’emprisonnement du Né J. Bte Catelain provenant du village de Walincourt ; si le Ministre à qui vous en avez rendu compte me consulte sur cet objet, je ferai valoir autant qu’il me sera possible les raisons que vous me donniez sur cette affaire afin de procurer à ce particulier un prompt élargissement s’il en est aussi peu coupable que vous l’annoncez. J’ay … etc … etc |
Décembre 1777 | demande de libération de Jean-Baptiste Cattelain, adressée à M l'Intendant de Valenciennes A Monseigneur de Senac de Meilhan Intendant de Valenciennes Année 1777 Monseigneur Votre caractère bienfaisant et votre zèle pour le bien de l’état encouragent les sujets du Roi, qui dans le Canbrésis professent la Religion réformée, à implorer votre puissante protection auprès de sa Majesté. Des esprits chagrins jaloux de leur situation, quelque fâcheuse qu’elle soit, les peignent depuis longtemps d’une manière si contraire à leurs vrais sentiments, qu’ils ont enfin obtenu des ordres pour arrêter le Sr. Jean Baptiste Catelain marchand fabricant de toilettes, dans la paroisse de Walincourt ; ce qui fut exécuté la nuit du 24 au 25 novembre dernier. Conduit d’abord dans les prisons de Cambray, il a été aussitôt transféré dans celles de Landrecies. Cependant cet infortuné n’est pas plus coupable qu’eux : Comme eux il est soumis au Roi, et il en est un des plus fidèles sujets ; recommandable par sa famille composée de six à sept enfants, il l’est encore par son industrie et par ses fabriques, qui font subsister un grand nombre de familles réduites par son emprisonnement à manquer de travail et de pain. Daignez, Monseigneur, le faire rendre à ses enfants, à cette foule d’ouvriers qui s’attendent à lui. Daignez représenter au Roi combien les Protestants du Cambrésis, satisfaits de pouvoir prier pour sa Majesté et pour l’Etat dans leurs sociétés peu nombreuses s’affermissent par les Lumières qu’ils y puisent, dans leurs devoirs de Citoyens et de Sujets : et y trouvent un puissant motif pour ne pas se retirer dans des lieux où ils jouiraient tranquillement du Culte de leur Religion, et où ils ne se verraient pas traités comme des bâtards, comme des Rebelles, comme des gens sans aveu, traitements bien durs, bien humiliants pour tout homme qui pense et surtout pour des cœurs Français. Que ne peuvent-ils eux-mêmes faire entendre au Roi, les sentiments dont ils sont pénétrés pour son Auguste Personne. Lorsque comme eux, on s’expose à tout, pour ne pas déplaire au Tout Puissant, on est prêt à tout, pour rendre au Prince tout ce qu’on lui doit ; Mais si vous daignez être leur intercesseur auprès de sa Majesté, que ne vous devront-ils pas : et quel plaisir n’aurez-vous pas, vous-même Monseigneur, d’avoir fait du bien à des personnes qui en sont dignes par leurs sentiments, par leur conduite ; et par leurs vœux pour votre prospérité et pour celle de l’Etat. |