Le temple d’Élincourt

(une histoire préparée par Marc Maillot)

Le temple d’Elincourt a été bâti vers les années 1840 sur une parcelle de 78 centiares située dans la rue de Cambrai et cadastrée section C n° 53. Le temple servira de lieu de culte et de prières. Il connaîtra aussi de grandes cérémonies. C’est ainsi qu’en février 1852, le pasteur Pierre Elie Larchevêque y bénit le mariage de Jean-François Briatte, fils de François Briatte avec Julie Delbar qui avait été célébré à la mairie le 29 janvier précédent.

Le 30 novembre 1852 on célèbre trois mariages religieux pour bénir des mariages civil célébrés quelques années auparavant: celui de Elie Louchard âgé de 35 ans, fils de Matthieu Louchard domicilié à Elincourt avec Célina Dron, fille majeure de Placide Dron, domiciliée à Elincourt. Le même jour, c’est le maire du village, Maximilien Briatte, tisseur, qui marie deux de ses enfants :Pierre Briatte âgé de 29 ans, avec Esther Bracq fille majeure de Appolinaire Bracq domiciliée à Elincourt. Le pasteur Charles Vallotton célèbre aussi ce jour-là le mariage de Henri Ramette âgé de 35 ans, fils de Pierre Joseph Ramette domicilié à Elincourt avec Félicité Briatte, fille majeure de Maximilien Briatte domiciliée à Elincourt. On imagine l’intense animation qui a dû régner ce jour-là à Elincourt.

Le 26 décembre 1852, le même pasteur Vallotton y reçoit neuf catéchumènes : Elie Ramette, Jean-Baptiste Louchard, Louis Briatte, Denis Delbard, Adèle Morcrette, Adèle Duquenne, Sara Briatte, Délida Briatte, Elisa Bruyelle, tous d’Elincourt.

Le 2 février 1853, autre grand jour de cérémonies : ce sont Louis Joseph Briatte âgé de 36 ans, fils de Maximilien Briatte domicilié à Elincourt et Adèle Morcrette fille majeure d’Auguste Morcrette domiciliée à Elincourt qui demandent la bénédiction nuptiale, ce qui leur est accordé en présence d’Amand Louchard et de François Briatte.

Le 23 octobre 1853, Hyppolite Joseph Gervais, natif de Malincourt, unit son destin à celui de Julie Florentine Louchard. Ils étaient passés à la mairie trois jours auparavant.

Le 28 janvier 1855, Amélie Louchard, fille majeure de Matthieu Louchard d’Elincourt s’unit à Matthieu Bruyelle né en 1820, fils de Pierre Amand Bruyelle d’Elincourt. La cérémonie civile avait eu lieu le 28 décembre 1854. Le même 28 janvier, Joseph Carion âgé de 48 ans, fils de Jean-Baptiste Carion d’Elincourt et Joséphine Louchard fille majeure de Amand Louchard d’Elincourt font bénir leur union qui avait été célébrée à la mairie le 17 janvier de la même année..

Le 5 avril 1855, le pasteur Charles Vallotton reçoit 7 communiants : Elie Jérémie Vérinot, Joas Ramette, Salomon Proy, Claire Delbarre, sa sœur Victorine, Sélima Bruyelle et Esther Proy.

Le 12 avril 1857, c’est le pasteur Victor Lebrat qui reçoit neuf jeunes de la paroisse : MM Joan Bruyelle, Timothée Bruyelle, David Daigremont, Pierre Carrion, Onésime Briatte, Abraam Briatte et Delles Mélanie Pezain, Julie Briatte et Hirma Briatte.

Le 22 septembre 1858, toujours dans le temple d’Elincourt, on célèbre le mariage d’Elie Nel Ramette et de Adèle Hortense Briatte, toutes les formalités civiles ayant été remplies le matin-même à onze heures.

Après un mariage civil le 30 mai 1859, c’est le mariage religieux de François Louchard avec Sélina Bruyelle qui est célébré le 11 juin 1859 et le 2 juillet de la même année celui de Denis Delbare avec Elila Hermance Briatte.

Le 26 octobre 1862, Jean-Baptiste Louchard se marie avec d’Elisa Bruyelle. Leur union civile avait été prononcée le 11 septembre précédent.

Le 28 décembre 1862, c’est le pasteur Henri Schoen qui reçoit une douzaine de communiants : Proy Elie, Ramette Abraham, Louchard Joas, Duquenne Déphonse, Briatte Esther, Dégremont Suzanne, Bruyelle Rosalie, Louchard Célima, Proy Thirza, Briatte Florentine et Bruyelle Léa.

Sur la photo ci-contre prise en 1937 devant le temple presque centenaire, le pasteur Robert Chéradame y est entouré d’une douzaine de fidèles.

Suite aux lois sur la séparation de l’église et de l’état en 1905, le temple est repris dans un inventaire des 13 et 16 février 1906 dévolu au Consistoire de Lille pour l’association cultuelle de Walincourt et Elincourt fusionnées. Mais petit à petit, la paroisse perd ses fidèles et en 1982, le bâtiment ne sert plus. Il faut prendre une décision. Le conseil presbytéral se réunit au temple le 10 mai et, sous la présidence du pasteur Georges Lemonnier, décide de le vendre. Voici une copie de cette délibération.

« Le 10 mai 1982 à 20 heures, les membres du conseil presbytéral de l’Eglise Réformée Evangélique de Walincourt et d’Elincourt fusionnée se sont réunis au temple d’Elincourt, sous la présidence du pasteur Georges Lemonnier et de M. Eric Jacquemin. 

Tous les membres en exercice étaient présents, à l’exception de Mme Christiane Blondiaux, excusée. La séance ouverte, M. Eric Jacquemin rappelle que les locaux situés rue de Cambrai à Elincourt et qui comprennent un temple de 10m sur 6m, plus une sacristie de 3m sur 3m, construit vers 1840, sont maintenant désaffectés.

Après en avoir délibéré, l’assemblée à l’unanimité autorise les démarches nécessaires en vue de la vente des locaux ci-dessus nommés et désigne l’un de ses membres, M. André Louchard demeurant à Elincourt comme négociateur.

Le Conseil Presbytéral demande à la Région l’autorisation d’engager la procédure de vente et souhaite pouvoir disposer du produit de cette vente pour le réinvestir dans des travaux de rénovation de la sacristie du temple de Walincourt ».

Mme Amarillo, une Protestante d’Elincourt qui habite juste devant ce temple, décide de l’acquérir. M. et Mme Juan Amarillo achètent cet édifice par un acte en date du 20 novembre 1982 passé devant Maître Dutemple. Dans un premier temps, les nouveaux propriétaires veulent faire des travaux afin de transformer l’édifice en garage. Une demande de permis de travaux est déposée le 17 mai 1983. Reçue le 27 mai 1983 sous le numéro 191 83C 799P, le permis est accordé à partir du 27 juillet 1983.

Quelques travaux sont bien effectués à la toiture mais un champignon se développe dans les murs et les propriétaires doivent abandonner leur projet. Ils se décident à démolir l'édifice. Mme Amarillo espère conserver la façade en souvenir.  


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